Wakfu

L'Espoir (Partie 2) - Les Carnets Nombre d'abonnés3 abonnés

Les contes du vieil Enutrof -> Les histoires au coin du feu
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Miss Étincelle se retourna brusquement. Le défi était lancé. Éniripsa devait mourir. Et la Déesse allait mourir. Aussi simple que cela. La belle éniripsa fit tourner son collier. Il y avait là dedans une puissance suffisante pour tuer un Dieu. Mais cette puissance refusait de se mettre à son service. Raziel l'avait dit : elle n'était pas Liée. Qu'à cela ne tienne. Énirpsa allait mourir, et de se main qui plus est.

La scientifique rejoint une artère fréquentée de la Foire sans y faire attention. Elle se retrouva happée dans la foule. La foule... Tant de personnes qui ne se doutaient de rien, qui étaient là pour s'amuser, faire plaisir à leurs enfants, rigoler, découvrir, profiter d'un jour de congé et tant d'autres raisons futiles. Tous avaient dû voir les nuages couleur sang de la marque interdite mais tous semblaient avoir oublié. Eux avaient une vie normale. Un conjoint, des enfants, des amis, un travail, un bonheur. La foule était bruyante et agitée comme une ruche tout en transpirant l'excitation. Miss Étincelle ferma un poing rageusement. Les éniripsas ne se doutaient de rien, pas plus que les autres disciples. Ils ne se doutaient pas que les Dieux évoluaient dans des sphères différentes et qu'ils choisissaient parfois de transformer certains de leurs disciples en chair à canon. Voilà ce qu'elle et Well avaient été. De la chair à canon dans une guerre qui ne les concernait pas. Plusieurs bonnes âmes, touchées par la colère d'une si belle créature, lui lancèrent des sourires compatissants ou posèrent une main sur son épaule pour l'apaiser. Des éniripsas entre autres. Un petit sourire se dessina sur les lèvres de la belle. Son doux visage était encore marqué par les larmes et la colère avec lesquelles contestaient le sourire. Éniripsa ne pouvait pas ordonner à ses disciples de la haïr. Les plus dévots le feraient sans doute. Les autres garderaient leur âme sur laquelle la vision de la femme avait cet effet enchanteur. Elle leur lança un sourire de remerciement et pressa son pas. Elle voulait dormir. Dormir pour oublier. En même pas une heure, elle avait retrouvé Well, l'avait tué, revu cette enflure de Raziel, l'avait fait fuir en refusant son marché et avait menacé Éniripsa de mort. Elle passa devant le stand de la pêche aux koinkoins, toujours aussi bondé. Elle continua son chemin et arriva à son hôtel. Le propriétaire releva la tête de son registre en la voyant entrer :

«Mademoiselle!»

De la panique se mêlait à l'excitation de sa voix. L'esprit de la scientifique s'y intéressa aussitôt :

«Qu'y a-t-il monsieur?
-J'ai vu votre neveu madame, annonça fièrement le propriétaire.»

Miss Étincelle se souvint juste à temps qu'elle avait fait passé le groupe poursuivit pour son neveu et ses amis. L'œuf était peut-être là et avec lui les résultats tant attendus de leur expérience. Elle oublia tout ce qui s'était passé précédemment et demanda :

«Où et quand?
-Il est passé devant l'hôtel, tout seul. Un grand gaillard pas bien malin accompagné d'un bébé slek.»

Elle hocha la tête et lui fit signe de continuer :

«Je n'ai pas remarqué de groupe avec lui mais comme il correspondait à votre description...
-Vous avez très bien fait de m'en avertir, le coupa l'éniripsa aux cheveux de miel. Il a dû leur arriver quelque chose pour qu'il soit seul. Il vaut mieux que j'aille le voir tout de suite! Vers où allait-il?
-Il était dans l'allée principale.»

La belle posa un baiser sur sa joue pour le remercier.

«J'y cours! Merci!»

Elle sortit en courant. La pluie avait cessé et un arc-en-ciel éclairait la Foire.



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Quelques minutes plus tôt, Dew arrivait à la Foire. Il pleuvait encore.

«Vilaine pluie pluie! Pas vrai Slurck?»

Le bébé slek ne répondit pas. Il était trop occupé à apprivoiser la flamme qui grandissait en lui. Il allait bientôt se souvenir, il le sentait, grâce à celui qui l'avait sauvé. Il en était sûr, cette entité, car il ne pouvait s'agir que d'une entité, était une incarnation du Bien.

Daw bouscula plusieurs personnes, Slurk sur ses talons.

«Gentil monsieur demandé pas taper Slurck! Pas taper! Vilain!»

C'était là un spectacle comique que ce iop massif et dénué d'intelligence en train de servir de garde du corps à un bébé slek.

«Vous pas taper gentil Slurck sinon moi taper vous!»

Si il y avait eu quelques psychologues qui le suivaient depuis plusieurs jours, ils auraient noté une amélioration notable de sa capacité à raisonner : il venait de mettre en relation deux éléments et d'en faire une menace. Quel grand esprit!

Le bébé slek courait devant. Ses petites pattes ne lui permettaient pas d'aller très vite mais il courait indéniablement vers un but connu de lui seul. Ou plutôt senti par lui seul. Il courait en aveugle, protégé par Dew. Il remonta l'allée principale au cours de laquelle il manqua de se faire écraser cinq fois, heureusement pour lui Dew dégomma en bon iop les coupables. Le maître devenait le familier et le familier le maître. Quelques rares autres aventuriers avaient un bébé slek pour familier. Ces derniers fuyaient Slurck. Quelque chose clochait chez lui.

Slurck atteint l'allée principale. La foule devint encore plus dense.

«Gentil Slurck, pas si vite!»

Dew perdit le bébé slek des yeux. La foule l'avala. L'imbécile se mit à paniquer. Le gentil monsieur de la grotte lui avait dit de protéger Slurck et il ne le voyait plus. Il se fraya un chemin à travers la foule. Les personnes bousculées râlèrent, mais ne le dérangèrent pas : son anatomie massive faisait une excellente arme de dissuasion. Le sort était décidément un grand amateur d'ironies : pour une fois qu'il servait...

Il longea plusieurs stands sans y fait attention mais pila net face à un vendeur de poms d'amour.

-Bonjour monsieur! Une pom?
-Ça sent bon, répondit Dew avec son éloquence classique.
-Eh oui, mes poms sont les meilleurs des quatre coins du monde! Alors?
-Sent bon.
-N'est-ce pas, tenta d'enchaîner le vendeur.»

Une femme se glissa à côté de Dew :

«Je peux avoir une pom d'amour?
-Gl... Bi... Bien sûr mademoiselle!»

Miss Étincelle lui sourit pour le remercier et se tourna vers le iop :

«Bonjour! Je m'appelle Miss Étincelle, et vous? Enchantée!»



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Miss Étincelle sourit en prenant la pom d'amour que lui tendait le iop. Comment avait-il dit qu'il s'appelait déjà? Dew? Un nom stupide, mais qu'attendre d'un iop? Le disciple du seul Dieu à avoir un QI inférieur à celui d'un bouftou la fixait en bavant... De fait, il avait la mâchoire inférieure totalement lâchée, ce qui faisait une grande bouche d'où coulait un filet de bave. Éniripsa en soit témoin, c'était juste dégoûtant. Les iops ont une drôle de façon de montrer leur amour.

La belle prit le con par la main et le mena vers un banc. Elle assit prêt de lui et, croquant dans sa pom d'amour, elle lui demanda :

«Tu viens d'où Dew?
-Madame dis "tu"?»

La scientifique soupira intérieurement, c'était bien sa chance... Un slek serait plus loquace.

«Oui, excuse-moi, répondit-elle avec un petit rire innocent. Tu... Vous... Que je vous vouvoie?
-Vous me voyez pas?»

Celui-là était définitivement un cas.

«Si si... Je te tutoies alors, je préfère.
-Pourquoi?
-Parce que je me sens proche de toi!»

Miss Étincelle se fendit d'un grand sourire.

«Pourquoi tuer toi?
-Non, "tutoyer", c'est "dire tu".
-Ah d'accord, comprit peut-être Dew.
-Tu ne manges pas?
-Manger?
-Oui, ta pom d'amour!»

Le iop baissa les yeux vers la friandise comme si il venait de la découvrir. Ce qui, le connaissant, était possible.

«Oh joli pom!
-Et délicieuse, ajouta la belle avec un clin d'œil.
-Bonjour madame!
-Euh... Bonjour Dew.
-Ah mais non, moi parler à la pom!
-Jamais trop de civilité, bougonna Miss Étincelle.»

L'abruti croqua dans la pom et l'engouffra avec une avidité qui recouvrit ses doigts de tâches. Un autre cliché des iops venait d'être confirmé.

«Tu viens faire quoi ici Dew?
-Moi aider Slurck, dit-il tout fier.
-Slurck?
-Ami de Dew! Et vous?»

La femme aux cheveux blond lui répondit les yeux perdit dans le vague, rêveurs :

«Je viens... Terminer un projet, oui, on peut dire ça comme ça... J'ai besoin de retrouver quelqu'un.
-Un ami?
-Non, soupira-t-elle. Un... Patient. Oui, un patient...
-Madame, ça va pas?»

Les doigts fin et délicats essuyèrent une larme pure sur une joue parfaite.

«Si... On va dire que c'est un patient... Oui, je suis médecin.
-Quoi un médecin?»

La connerie est une arme redoutable. On finit par faire des monologues avec les cons. Mais ces cons n'iront jamais les répéter. L'éniripsa rit intérieurement.

«Un médecin c'est... C'est... C'est quelqu'un qui se sert de ses connaissances pour soigner les autres.
-Éniripsas?
-La plupart d'entre eux se débrouillent très bien en soin, mais être médecin implique bien plus... Ne jamais se servir de son savoir à de mauvaises fins...
-Vous êtes une gentille alors?
-Gentille... Je cherche à améliorer le monde, donc oui...
-Ma maman elle m'a dit que Harembourg aussi cherchait à améliorer le monde. »

Les hommes était décidément tous les même. Ils aiment se sentir forts. Alors que la femme simule la faiblesse et ils se croient importants. La belle inspira longuement et déclama :

«Tu sais Dew, je ne pense pas qu'il y ait des gentils ou des méchants... Après tout, nous sommes des méchants pour Harembourg ou Ogrest... Non, il n'y a que des personnes avec des objectifs différents et des moyens différents d'y accéder. »

Le iop était désormais profondément enfoncé dans ses filets, elle pouvait arrêter cette comédie. De toute façon, sa nature lui interdisait le regret, non? Elle sortit son collier et le regarda tournoyer dans sa main.

«Moi, je souhaite purger ce monde de ce qui le pourrit.
-Alors madame gentille, s'exclama le iop.
-Merci. Tu veux m'aider?
-Oh oui!»

L'abruti frappa dans ses mains comme un enfant content.

«Qu'est-ce qui faut?
-Je cherche le familier d'un de ma nièce, elle l'a perdu en se promenant avec son petit ami. Elle songeait à d'autres choses...»

La belle lui fit un clin d'œil éloquent.

«A quoi?
-A ce à quoi une femme pense lorsqu'elle est près d'un homme qu'elle aime, insista-t-elle en se collant à lui.»

Miss Étincelle venait de se résigner à abandonner toute subtilité, bien que cela la répugne. Elle devait récupérer le slek, coûte que coûte. Dew vira au rouge tomate mais ne perdit pas sa tête d'incompréhension.

«Beeeeeeuh...
-T'es mignon quand tu rougis.»

On pouvait entendre les battements décuplés du cœur du iop. Celle qui était assise à côté de lui se leva et le tira par la main :

«Viens m'aider!
-Dacor.
-On cherche un petit slek tout jeune. Tu me préviens si tu en vois un?
-Comme Slurck? gaffa Dew.»



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Daniel était de nouveau dans le tunnel d'Énergie. La magie d'Ösrigur filait tout autour de lui, formant le vortex qu'il traversait. Les runes lui souriaient, tout en étant tendues. Quelque chose d'important se préparait. En regardant à travers les parois opaques, il vit des lignes. Les Lignes du Temps elle-même, celles que l'Espoir lui avait montrées. Il ne comprenait ni ou il était, ni comment il faisait cela. Il le faisait, c'est tout. Les Lignes convergeaient vers un point qui brillait au fin fond de son champ de vision. Elles étaient déviées. Le porteur les contempla longtemps. Les Lignes brillaient avec une intensité lumineuse tranchant sur l’obscurité profonde de la Trame. Chaque Ligne était illuminée par la vie qu'elle contenait. Elles pulsaient doucement, changeant légèrement de couleur à chaque battement. L'une était rouge sang, l'autre noir crépitant, une autre d'un blanc pur, encore une autre jaune malade, une du bleu de l'océan, une autre d'un violet maléfique... Quelque chose de malsain dominait dans la globalité. Mais toutes ces Lignes, oui toutes, se dirigeaient vers un point précis. C'était plus qu'un nœud dans la Trame, c'était là de l'ordre de la destinée.

D'une simple pensée, Daniel se retrouva au dessus de ce nœud, toujours porté par son vortex. Il s'approcha de la barrière de rune qui l'encadrait. Le nœud l'hypnotisait. Sa lumière infinie masquait toutes les Lignes qui en découlaient. Le jeune homme tenta de traverser les limites d'Energie du vortex. Vainement. La paroi était infranchissable. Il força. Les runes commencèrent à paniquer. Il ne devait pas sortir du sortilège. Il était sur la Trame car il s'agissait du raccourci utilisé par Ösrigur comme portail, mais il ne devait pas l'explorer. Si il sortait du vortex, il serait réellement sur la Trame et... Les runes ne dirent plus le moindre mot, mais elles tremblaient d'une peur immémoriale. Le Porteur comprit le message : là, il était à l'abri, il pouvait rester dans le vortex hors du temps et de l'espace autant qu'il voulait; mais s'il forçait la sortie il s'exposait à ce qui l'annihilerait.

Il pouvait rester dans le portail autant qu'il voulait, à admirer les Lignes. Il ne pouvait toutefois pas s'approcher plus d'elles. Daniel tourna la tête : le vortex n'existait plus derrière lui. Le portail menait à un point précis. Patienter dedans était possible, mais pas de nouveaux choix possible une fois dedans. Il le savait intuitivement. La Trame était un raccourci, mais user de magie dessus équivalait à se condamner à mort. Alors l'ami de Victoire ferma les yeux.

En les ouvrant, il était exactement là où il avait voulu se rendre. La pêche aux Koinkoins.

A la Foire au Trool.



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Dew vit l'excitation s'emparer un instant du visage de la belle madame qui s'exclama :

«C'est vrai?! Tu en connais un?!»

Il ouvrit la bouche et balbutia comme un poisson. Les mots étaient coincés dans sa bouche. Au fin fond de lui, loin au-delà de son conscience, une étincelle de magie bleutée imposait son sceau de silence.



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Miss Étincelle tremblait sous l'effet de l'excitation. Était-il possible que ce nigaud ait gardé le slek avec lui et surtout qu'il soit prêt à le lui offrir? Elle fronça des sourcils. Le visage de l'autre abruti devenait violacé. Il s'étouffait. Sa langue tournait dans tous les sens, sans réussir à produire le moindre son. Sa bouche grande ouverte tentait fébrilement d'inspirer sans y parvenir. Elle le sonda avec ses dons de guérisons. Rien ne clochait. Les poumons étaient grands ouverts, le diaphragme fonctionnait correctement, la gorge était libre, la langue ne bloquait pas la trachée, rien ne clochait! Bordel, qu'est-ce qui se passait? Aucune marque de sa connaissance n'avait de tels effets. L'air ne pouvait juste pas rentrer dans ses poumons, pour une raison impossible. L'éniripsa pointa son collier vers lui et le sonda à l'aide de l'artefact. L'écho ne lui renvoya aucune magie étrangère dans le corps. Mais bordel, c'était quoi ça? Quelle magie pouvait échapper à un artéfact?! Il se passait quoi là?!

«Dew!»

Elle haussa la voix et hurla :

«A l'aide! Aidez-moi, il va mourir!»

Les passants s'attroupèrent, sans s'approcher. Quelques éniripsas psalmodièrent des incantations qui n'eurent évidemment aucun effet. Les étoiles d'un souhait Gobgob scintillèrent sur Dew, mais ne firent rien de plus que rendre le mourant plus brillant. En dernier recours, Miss Étincelle se leva brusquement, arracha sa dague à un sram de la foule, et ouvrit la trachée à la base de la gorge pour faire entrer l'air. Une dernière lueur de terreur passa dans les yeux du iop. Il n'y avait pas de compassion dans les yeux de celle qu'il fixait, rien que de la détermination et du danger. Ses lèvres articulèrent un dernier mot.

«Slurck...»

Un spasme violent secoua l'idiot. La femme ailée le fixa, paniquée. Elle était si proche. Une autre série de tremblement s'empara du iop. Elle se recula, vaincue. Plus aucun son ne s'échappait de la gorge de son principal indice. Une ultime série de spasmes vengeurs secoua celui qui retomba mort.

La foule se mit à murmurer. Elle fixait le cadavre qui reprenait maintenant des couleurs. Certains, croyant à un spectacle, applaudirent, mais revinrent vite à la dure réalité. Dew était mort. Ils ne connaissaient pas son nom, ni qui il était, mais il était mort sous leurs yeux, sous un mystérieux maléfice. Son cadavre était tombé du banc. Il était étendu dans une position bizarre. Son genoux droit était tordu à 90 degrés, et ses yeux était du même côté que sa colonne vertébrale. Une étincelle obscure et instantanée disparut de ses yeux. Le collier de Miss Étincelle frissonna. Le cadavre était très propre, et ce n'en était qu'un spectacle encore plus insoutenable. Le bras droit du mort était toujours tendu en l'air. Vers le ciel. Dans un ultime appel à l'aide.

L'air était lourd. Les xélors frissonnèrent.

L'autre bras du iop pointait la foule. Il pointait un tout petit animal, qui se glissait entre les jambes des endeuillés. Un bébé slek. Miss Étincelle fondit en larmes et fendit la foule.

Ce fut comme le signal de la débandade. La foule se dispersa en hurlant. Ils couraient dans tous les sens, en faisant de grands gestes absurdes. Ils fuyaient cet endroit contre-nature, ce tombeau. La panique s'empara d'eux, ils se bousculaient, certains usèrent de leurs dons, d'autres se frayèrent un passage par la force. Ils couraient dans toutes les directions. La scientifique se déphasa et enfila des lunettes blanches. Elle craqua les branches pour les enclencher. Les Énergies ambiantes apparurent. Les personnes brillaient en wakfu ou en stasis. Leur effroi troublait leurs spectres respectifs. La magie libérée dans leur fuite achevait de rendre illisible toutes les personnes en l'aveuglant de couleurs. Le monde était un grand tableau aléatoire et opaque de wakfu et de stasis.

Un seul élément était fait d'une autre couleur. Une petite âme fuyant. Elle était très violacée, mais une flamme d'un bleu lumineux brillait en lui. Le bleu de son artéfact. Putain de bordel de merde, pourquoi le slek brillait ainsi?! Peu lui importait, elle lui courut après. Son Déphasage lui permit de fendre la foule sans problèmes. Elle dansait au milieu de corps en mouvement en se glissant dans les espaces. Son objectif n'était plus bien loin, il avait beaucoup plus de mal à éviter d'être écrasé. Et il ne fallait absolument pas que cela arrive. Ils se rapprochaient du stand le plus fameux. La pêche aux Koinkoins. Un éclair d'Énergie primaire, la même que la flamme qui brûlait toujours plus en Slurck brûla les yeux de la scientifique. Les verres explosèrent. Elle perdit une précieuse poignée de seconde à se soigner pour éviter la cécité.

Lorsqu'elle les rouvrit, Slurck se fit écraser par un sacrieur en fuite. La scientifique poussa un hurlement rageur. L'âme allait s'élever puis disparaître faite d'attache terrestre.

Elle envoya un violent coup de coude au sacrieur et constata la mort du corps du bébé slek. A la périphérie de son champ de vision, le stand le plus fameux. Oui, oui, oui! Le Koinkoin n'a pas d'âme à l'instant où il sort de sa mare enchantée. Il y avait encore un espoir. Elle acheta une cane à pêche et tenta de se calmer en laissant l'hameçon plonger sous la surface de l'eau. Allez, vite... L'âme n'avait pas beaucoup de temps...

A sa droite, un jeune homme blond poussa un soupir de soulagement. Les voisins le regardèrent admiratifs et jaloux. Il venait de pêcher un vrai Koinkoin.

Saurek sut instantanément son nom : Daniel.
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Créé le 15/08/13 é 05:30
Derniére modification le 31/03/14 é 08:47
7 commentaires :
Patch 1.34
Dracnor [Les Doux Barbares]947Hors ligne
31/03/2014 (21:06)
Le cliffhanger serait plutôt la dernière phrase, mais je suppose que tu la comprends tout à fait connaissant ton assiduité!
doflix [Les Chevaliers du Chaos]1287Hors ligne
31/03/2014 (20:59)
*après avoir été voir le mot cliffhanger sur mon copain Wikipédia, et m'être souvenu que je connaissais le mot 3 sec plus tard..*

Ton cliffhanger.. c'est le fait qu'après avoir écrabouiller un pauvre petit slek, tu va tenter de mettre le "truc positif" dans le corps d'un gentil petit koinkoin? Surtout que "[Le KoinKoin] devait mourir, il a accompli sa mission..."
Mais bon je dit ça mais connaissant ta passion pour les koinkoin, j'sens qu'il va y avoir du favoritisme :p
Dracnor [Les Doux Barbares]947Hors ligne
31/03/2014 (20:46)
Ah oui, faut que je m'occupe du Gouverneur... Dew devait mourir, il a accompli sa mission...

Cliffhanger power, j'adore.
doflix [Les Chevaliers du Chaos]1287Hors ligne
31/03/2014 (20:05)
Naooooon Tu as tué Dew! Mon champi(gn)on! celui qui devait survivre à tout ce chaos. Il ne verra donc plus son grand ami le gouverneur? :'(

Supplique mises à part : " scintillèrent sûr Dew" J'suis pas sûr qu'il faut mettre un ^ sur ce sur (ça faisait beaucoup de sur dans ma phrase..)

Et je t'adores! merci d'avoir continué ton histoire, tu ne pouvais savoir à quel point ça me manquait :')
Dracnor [Les Doux Barbares]947Hors ligne
31/03/2014 (02:07)
Je m'y remets, j'ai été très très occupé, entre les TPE, le BAC blanc, et le théâtre... J'ai fini ce chapitre, c'est pas de la grande qualité vu que je l'ai écrit dans les loges, mais de toute façon je devrais tout réécrire depuis le début du premier carnet pour avoir quelque chose de correct et je ne vous ferai pas cet affront. Je publie ça ce soir.
Patchs 1.31 et 1.32
doflix [Les Chevaliers du Chaos]1287Hors ligne
11/01/2014 (14:34)
"Énirpsa allait mourir" manque un petit i dans Eniripsa.


Et ça a beau être court, c'est quand même toujours aussi bien, donc tu es pardonné! Par contre, c'est normal que ne n'ai pas été averti lors de la publication?
Bref, je te remercie de continuer ton histoire!

Plop mon petit Drac' :3

Y a t'il des nouvelles qu'on puisse avoir quant au déroulement de ton histoire? (et de la correction d'Enirpsa :D).

J'espère de tout cœur que tu n'as pas finit par abandonner...
Dracnor [Les Doux Barbares]947Hors ligne
11/01/2014 (14:15)
Petit, c'est un début, j'essaie de m'y remettre...
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